Jidoka Lab

Vidéo générative · réseaux

Des dessins animés produits en chaîne

Deux séries publiées sur les réseaux, entièrement produites avec des outils génératifs : une chaîne de comptines pour enfants et une série de pâtisserie en crochet. Ce qui compte n'est pas l'outil, mais la chaîne complète, du texte à la publication, avec une passe de contrôle avant chaque image retenue.

État
en usage personnel · épisodes publiés
Stack
Suno, Midjourney, Higgsfield puis Seedance via API, DaVinci Resolve scripté, CapCut, agent de contrôle visuel
Depuis
2026
Preuves
épisodes publiés depuis juillet 2026, contrôle par agent sur chaque image, journal de coûts par épisode

Le problème

Produire un épisode animé de deux minutes demandait autrefois une équipe. Les outils génératifs rendent chaque brique accessible, mais chacune a ses caprices : un personnage qui change de tête d’un plan à l’autre, une animation qui zoome sans raison, une chanson qui ne tombe pas sur les images. Le vrai sujet n’est pas de générer une belle image. C’est de tenir une direction artistique sur trente plans, plusieurs épisodes, et de publier régulièrement sans y passer ses nuits.

Ce que j’ai construit

Six images clés d'un épisode : le terrier sous les étoiles, une chambre, un personnage qui souffle une bougie
Images clés d'un épisode de comptine, générées puis validées une par une avant d'être animées.

Une chaîne de production écrite noir sur blanc, dans un ordre strict, où l’audio commande tout.

  1. Le texte. Les paroles sont écrites et validées avant toute image : un geste, un comptage, une répétition, une chute. Pour la série pâtissière, l’équivalent est une bible de personnage et un scénario en seize images.
  2. La musique. La chanson est générée, écoutée, choisie à l’oreille, puis transcrite hors ligne pour obtenir le timecode de chaque mot.
  3. Le storyboard. Un plan par tranche de quelques secondes, aligné sur la chanson ; le refrain se réemploie.
  4. Les images clés. Chaque plan est généré dans Midjourney, image par image, jamais en lot, avec une grille de variantes à comparer. Le style est verrouillé par le texte du prompt, pas par un outil de référence, parce que ceux-ci se sont révélés instables.
  5. Le contrôle. Un agent de contrôle visuel juge chaque grille sans connaître le prompt ni l’historique. Il est volontairement sévère : par défaut, il rejette. Il désigne la meilleure variante ou « aucune ». J’ai appris où lui faire confiance (la matière, la couleur) et où ne pas le suivre (ses correctifs formulés en interdits, qui aggravent le problème).
  6. L’animation. Chaque image clé devient un clip de quelques secondes. J’ai commencé sur Higgsfield, puis basculé fin juillet vers les modèles Seedance par l’API de Monid, après une comparaison côte à côte : qualité jugée équivalente, coût par clip divisé par près de quatre. Les pièges sont documentés (une image d’entrée au mauvais format, un mouvement de caméra non verrouillé) parce que chacun a coûté des clips.
  7. La relecture. Tous les clips passent sur une planche-contact avant le montage. Un clip raté est regénéré, jamais rattrapé au montage.
  8. Le montage. Pour les comptines, la timeline est construite par script dans DaVinci Resolve (voir les films montés par script) ; les formats verticaux gravent un karaoké mot à mot à partir des timecodes. Pour la série pâtissière, le montage se fait dans CapCut avec des sons synchronisés à chaque geste.
  9. La publication. Titre, description, miniature, mentions obligatoires pour un contenu destiné aux enfants, formats courts dérivés du long. Le coût de chaque épisode est noté dans un journal.

Ce que ça raconte

  • Une chaîne, pas un outil. Chaque brique peut être remplacée (l’animation l’a été) sans toucher au reste, parce que les entrées et sorties de chaque étape sont écrites.
  • Le contrôle qualité vient du métier de testeur. Un juge indépendant, qui ne voit pas ce qu’on voulait obtenir, et qui a le droit de tout rejeter. C’est une revue de recette appliquée à des images.
  • Les décisions sont chiffrées. La bascule d’un fournisseur d’animation à un autre s’est faite sur une comparaison mesurée, pas sur une impression.
  • Honnête sur l’audience. Ces chaînes sont jeunes et leur public est encore petit. Ce qui est démontré, c’est la capacité à produire et publier régulièrement à qualité constante ; pas la traction.

Ce que j’ai vérifié

  • Signal observé : des personnages et des décors qui dérivaient d’un plan à l’autre, et des clips perdus par erreur de format.
  • Test ou contrôle : un agent de contrôle visuel sur chaque grille d’images, une planche-contact de tous les clips avant montage, une vérification du rendu final avant publication.
  • Résultat : des épisodes publiés régulièrement depuis juillet 2026 sur les deux séries, avec un style tenu d’un épisode à l’autre et un coût par épisode connu.
  • Limite actuelle : le planning de publication a déjà déraillé une semaine entière, faute d’avoir voulu le confier à une tâche planifiée ; règle retenue depuis, une publication ne dépend jamais d’un automate. La série pâtissière est en pause depuis août au profit des comptines.

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